Dossiers Friday, March 6, 2026
Suivre sa voie
Par Julie Perrault
Conjuguer ses intérêts avec ses compétences professionnelles donne souvent naissance à de beaux projets passionnants.
Parlez-en à Me Katherine Ammerlaan.
Selon les plus récentes données de la Financière agricole du Québec, les recettes monétaires agricoles pour l’année 2025 s’établiraient à 13,4 milliards de dollars dans la province. À l’échelle nationale, l’apport au PIB de l’agriculture et de la transformation alimentaire a représenté 67 milliards de dollars en 2024, selon ce qu’a rapporté l’Union des producteurs agricoles (UPA).
Pour un domaine économique aussi important, on aurait pu croire que de nombreux juristes pratiquent le droit agricole au Québec. Or, une soixantaine d’avocats et d’avocates tout au plus évoluent dans ce champ d’expertise. Pourtant, les défis et les dossiers y sont nombreux et diversifiés, comme l’explique Me Katherine Ammerlaan, fondatrice du cabinet d’AgriLégal.
Une pratique à son image
Travaillant en droit de la famille, Me Ammerlaan ne prévoyait pas nécessairement fonder son propre cabinet. Cependant, après un temps, le besoin d’aller voir ailleurs, au plan professionnel, s’est manifesté… « J’ai fait la course aux stages comme tout le monde et j’étais parvenue à décrocher un stage dans un grand cabinet, puis à y être embauchée. Mais, après des années d’effort pour finalement arriver à mon objectif (études, stage, emploi), j’avais besoin de me retrouver. J’ai même considéré arrêter ma pratique parce que je ne me retrouvais plus dans mon poste », relate l’avocate.
Cherchant un emploi qui lui ressemblerait davantage, cette dernière postule alors pour un emploi en droit municipal. « Cela m’apparaissait le plus proche de ce que je croyais m’intéresser. C’est d’ailleurs via ce poste que j’ai découvert le droit et le zonage agricole », indique Me Ammerlaan. Venant elle-même d’une famille d’agriculteurs, la possibilité d’évoluer dans ce secteur en mettant à profit ses compétences juridiques lui est apparue comme une évidence dans son parcours professionnel. C’est ainsi qu’est né AgriLégal en 2021.
Un droit de proximité
Constitution d’un cabinet et développement d’une pratique, les défis pouvaient paraître un peu terrifiants. Mais dans le cas de Me Ammerlaan, ils ont plutôt été une source de motivation. « J’ai eu la chance d’avoir accès à des mentors qui ont pu m’aider dans la création de mon cabinet. Et même encore aujourd’hui, je peux les consulter. C’est, à mon avis, le côté le plus excitant d’une pratique en région, cet aspect entrepreneurial. Se bâtir un réseau en allant à des événements d’agriculture (dans mon cas), visiter les entreprises et les fermes avec mes bottes de caoutchouc… bref, être sur le terrain et ainsi bien comprendre les besoins de mes clients. Le droit agricole, c’est un droit de proximité et c’est ce que j’aime pratiquer et qui semble d’ailleurs venir naturellement à moi », mentionne l’avocate.
Projets agricoles, para-agricoles ou projets ruraux qui ne cadrent pas dans la définition initiale, les dossiers sont variés et nombreux. La collégialité et la collaboration sont monnaie courante dans ce secteur, une facette de la pratique qu’apprécie beaucoup Me Ammerlaan. « Ce sont des projets positifs à la base. On communique avec beaucoup de professionnels et d’intervenants du milieu. Ce sont des conversations plutôt que des objections, même si l’on peut parfois essuyer des refus d’organismes administratifs », détaille la juriste.
Répondre à la demande
Après cinq ans, la passion est toujours là et la demande pour les services du cabinet ne cesse de croître. Ainsi, l’équipe s’est agrandie avec l’ajout d’une nouvelle avocate, et a même accueilli sa toute première stagiaire en droit récemment.
Un peu à l’instar de Me Ammerlaan, cette dernière cherchait aussi à trouver un milieu qui lui correspondait. « Nous ne cherchions pas de stagiaire. Mais, c’est elle qui est venue me trouver. Elle m’a appelé et a demandé à me rencontrer pour discuter. Elle avait travaillé pour un vignoble et voulait vraiment faire son stage en droit agricole », se rappelle l’avocate. Voyant sa débrouillardise, sa persévérance et surtout, la même ferveur partagée, Me Ammerlaan lui a offert un stage.
Tout comme elle, sa nouvelle stagiaire ne s’est pas arrêtée seulement à ce qui était présenté et c’est un peu ce que Katherine Ammerlaan aimerait que les futurs avocats et avocates retiennent.
« Le droit, c’est tellement large. Il y a moyen de trouver quelque chose qui correspond à notre personnalité. Dans mon cas, j’ai créé ma propre pratique. Avec de la créativité, de l’audace et de l’entrepreneuriat, il y a vraiment de la place pour des parcours différents, des intérêts différents. Et cela donne vraiment de beaux résultats. »